Les belles histoires...Victor Hugo et Juliette Drouet

Les belles histoires...Victor Hugo et Juliette Drouet
"Le jour où ton regard a rencont mon regard pour la premre fois, un rayon est al de ton ur au mien comme l'aurore à une ruine", écrit Victor Hugo sur le carnet de sa maîtresse après leur rencontre, le 2 janvier 1833. Elle est actrice, indépendante, mais pte à tout pour le grand homme. Malg les obligations familiales de Hugo, les drames, les chaos de ses carrières littéraire et politique, les infidélités du pte, ils ne se quitteront plus. Victor Hugo a écrit trois cent lettres d'amour à Juliette."


7
Mars 1833
Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous lcrive. Vous avez raison. Il faut s'aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l'écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux, et ailleurs. Vous êtes ma Juliette bien-aie. Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre. Vous voyez bien, Juliette, que je vous aime de toute mon âme. Vous avez l'aire jeune comme un enfant, et l'air sage comme une re aussi je vous enveloppe de tous ces amours- à la fois. Baisez-moi, belle Juju !

# Posté le samedi 14 janvier 2006 13:48

Les belles histoires...Alfred de Musset et Georges Sand...

Les belles histoires...Alfred de Musset et Georges Sand...
Plus sensuelle que passionnée, Georges Sand ne partage pas l'amour exalque lui voue Alfred de Musset. Leur liaison orageuse atteint son paroxysme à Venise, en 1834, où la romancre, qui entretient une liaison avec le docteur Pagello, tente de convaincre Musset qu'il est entrain de devenir fou. Après des mois de crise, de ménage à trois, puis deparation, uneconciliation s'amorce. Mais Musset, dans une lettre écrite de Baden, montre que ses sentiments n'ont pas évolué comme sa maîtresse le souhaitait. Le réponse de George Sand rend la rupture inévitable. Musset évoquera ce drame amoureux dans Nuit d'octobre.

V
oilà huit jours que je suis parti et je ne t'ai pas encore écrit. J'attendais un moment de calme, il n'y en a plus. Je voulais t'écrire doucement, tranquillement par une belle matinée, te remercier de l'adieu que tu m'as envoyé, il est si bon, si triste, si doux : ma chère âme, tu es un c½ur d'ange. je voudrais te parler seulement de mon amour, ah ! George, quel amour ! Jamais homme n'a aimé comme je t'aime. Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inond'amour : je ne sais plus si je vis, si je mange, si je marche, si je respire, si je parle : je sais que je t'aime. Ah ! si tu as eu toute ta vie une soif de bonheur inextinguible, si c'est un bonheur d'être aimée, si tu ne l'as jamais demanau ciel, oh ! toi, ma vie, mon bien, ma bien-aimée, regarde le soleil, les fleurs, la verdure, le monde ! Tu es aimée, dis-toi, cela autant que Dieu peut être ai par ses vites, par ses amants, par ses martyrs ! Je t'aime, oh ma chair et mon sang ! Je meurs d'amour, d'un amour sans fin, sans nom, insensé, sespéré, perdu ! Tu es aie, adorée, idolâtrée jusqu'à en mourir ! Et non, je ne guérirai pas. Et non, je n'essaierai pas de vivre; et j'aime mieux cela, et mourir en t'aimant vaut mieux que de vivre. Je me soucie bien de ce qu'ils en diront. Ils disent que tu as un autre amant. Je le sais bien, j'en meurs, mais j'aime, j'aime, j'aime. Qu'ils m'emchent d'aimer !
V
ois-tu, lorsque je suis parti, je n'ai pas pu souffrir, il n'y avait pas de place dans monur, je t'avais tenue dans mes bras, ô mon corps adoré ! Je t'avais pressée sur cette blessure crie ! Je suis parti sans savoir ce que je faisais: je ne sais si ma mère était triste, je crois que non, je l'ai embrassée, je suis parti, je n'ai rein dit, j'avais le souffle de tes vres sur les miennes, je te respirais encore. Ah ! George, tu as été tranquille et heureuse là-bas. Tu n'avais rien perdu. Mais sais-tu ce que c'est pour un pauvre c½ur qui a senti pendant cinq mois, jour après jours, heure par heure, la vie l'abandonner, le froid de la tombe descendre lentement dans la solitude, la mort et l'oublie tomber goutte à goutte comme la neige, sais-tu ce que c'est pour un c½ur serré jusqu'à cesser de battre, de se dilater un moment, de se rouvrir comme une pauvre fleur mourante, et de boire encore une goutte de rosée vivifiante ? Oh, mon Dieu, je le sentais bien, je le savais, il ne fallait pas nous revoir. Maintenant c'est fini : je m'étais dit qu'il fallait revivre, qu'il fallait prendre un autre amour, oublier le tien, avoir du courage. J'essayais, je tenais du moins. Mais, maintenant, écoute, j'aime mieux ma souffrance que la vie : vois-tu, tu te tracterais que cela ne servirait à rien, tu veux bien que je t'aime, ton c½ur le veut, tu ne diras pas le contraire, et moi, je suis perdu. Vois-tu, je neponds plus de rien.

# Posté le samedi 14 janvier 2006 14:07

Les belles histoires...Josephine de Boharnais et Bonaparte

Les belles histoires...Josephine de Boharnais et Bonaparte
Pour le général Bonaparte, 1796 est l'année de la campagne d'Italie. Il a vingt-sept ans et brûle d'amour pour l'inconstante Joséphine de Beauharbais, restée à Paris. Pendant les préparatifs de l'expédition, sur la route, entre les batailles qui vont lui donner l'avantages sur les Pmontais et les Autrichiens, Bonaparte écrit sa passion, sa jalousie, son impatience et offre ses victoires à la femme qu'il aime.

Je
n'ai pas passé un jour sans t'aimer, je n'ai pas passé une nuit sans te serrer entre mes bras, je n'ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l'ambition qui me tiennent éloigné de l'âme de ma vie. Au milieu des affaires, à la tête des troupes, en parcourant les camps, mon adorable Joséphine est seule dans mon c½ur, occupe mon esprit, absorbe ma pensée. Si je m'éloigne de toi avec la vitesse du torrent du Rhône, c'est pour te revoir plus vite. Si, au milieu de la nuit, je me lève pour travailler encore, c'est que cela peut avancer de quelques jours l'arrivée de ma douce amie, et cependant, dans ta lettre du 23, du 26, tu me traites de Vous ! Vous toi-même ! Ah ! mauvais ! comment as-tu pu écrire cette lettre ? qu'elle est froide ! Et puis du 23 au 26 restant quatre jours, qu'as-tu fais, puisque tu n'as pas écrit à ton mari ? Ah ! mon amie, ce vous et ces quatre jours me font regretter mon antique indifférence. Malheur à celui qui en serait la cause ! Puisse-t-il, pour peine et pour supplice, éprouver ce que la conviction et l'évidence qui servit ton ami, me ferait éprouver ! L'enfer n'a pas de supplice, ni les furies de serpent ! Vous ! Vous ! Ah ! que sera-ce dans quinze jours ? Mon âme est triste, mon c½ur est esclave, et mon imagination m'effraie... Tu m'aimais moins, tu seras consolée. Un jour tu ne m'aimerais plus, dis-moi-le, je saurais au moins mériter le malheur. Adieu, femme, tourment, bonheur, espérance et âme de ma vie, que j'aime, que je crains, qui m'inspire des sentiments tendres qui m'appellent à la nature, à des mouvements tempestueux aussi volcaniques que le tonnerre. Je ne te demande ni amour éternel ni fidélité, mais seulement.... Vérité, franchise sans bornes. Le jour que tu me diras : je t'aime moins, sera ou le dernier de mon amour ou le dernier de ma vie. Si mon c½ur était assez vil pour aimer sans retour, je le hacherais avec les dents ! Joséphine ! Joséphine ! souviens-toi de ce que je t'ai dit quelquefois : la nature m'a fait l'âme forte et décie, elle t'a bâtie de dentelle et de gaze. As-tu ces de m'aimer !! Pardon, âme de ma vie, mon âme est tendre sur de vastes combinaisons. Mon ur, entrement occu par toi, a des craintes qui me rendent malheureux. Je suis ennuyé de ne pas t'appeler par ton nom. J'attends que tu me l'écrives. Adieu ! Ah ! Si tu m'aimes moins, tu ne m'aurais jamais aimé. Je serais alors bien à plaindre.

# Posté le samedi 14 janvier 2006 14:16

Les belles histoires...Diderot et Sophie Volland

Les belles histoires...Diderot et Sophie Volland
Entre 1755 et 1774, le maître duvre de l'encyclopédie, adresse cinq cent cinquante-trois lettres à celle qu'il appelle sa "muse". Il a quarante-deux ans quand il la rencontre, elle trente-huit. Ces missives à la fois tendres, empressées, spirituelles et savantes sont comme le journal intime d'un intellectuel enthousiaste et amoureux car Sophie partage la passion de son ami pour les idées et la littérature. Leur liaison se poursuit jusqu'à la disparition de Sophie, le 22 février 1784. Diderot ne lui survit que six mois.

Je ne saurais m'en aller d'ici sans vous dire un petit mot. Eh bien, mon amie, vous comptez donc beaucoup sur moi ? votre bonheur, votre vie sont donc ls à la durée de ma tendresse ! ne craignez rien, ma Sophie. Elle durera et vous vivrez, et vous vivrez heureuse. Je n'ai point encore commis le crime, et je ne commencerai pas à le commettre, je suis tout pour vous, vous être tout pour moi, nous supporterons ensemble les peines qu'il plaira au sort de nous envoyer. Vous allégerez les miennes, j'allégerai les vôtres. Puissé-je vous voir toujours telle que vous êtes depuis quelques mois, pour moi, vous serez forcée de convenir que je suis comme au premier jour. Ce n'est pas un mérite que j'aie, c'est une justice que je vous rends. L'effet des qualis réelles, c'est de se faire sentir plus vivement de jour en jour. Reposez-vous de ma constance sur les vôtres et sur le discernement que j'en ai. Jamais passion ne fut plus justifiée par la raison que la mienne. N'est-il pas vrai, ma Sophie, que vous êtes bien aimable ? Regardez au-dedans de vous-même. Voyez -vous bien, voyez combien vous êtes digne dtre aimée, et connaissez combien je vous aime. C'est là qu'est la mesure invariable de mes sentiments. Bonsoir, ma Sophie, je m'en vais plein de la joie la plus douce et la plus pure qu'un homme puisse ressentir. Je suis aimé, et je le suis de la plus digne des femmes. Je suis à ses pieds, c'est ma place, et je les baise.

# Posté le samedi 14 janvier 2006 14:21

Première rencontre

Première rencontre
En entendant Street of Philadelphia de Bruce Springsteen ce matin là, tout m'est revenu : deux regards qui se croisent, un c½ur qui bat plus vite qu'un tambour brésilien en plein carnaval de Rio, et un baiser sur l'air de Bruce.
C'était ma première rencontre amoureuse. C'était mon premier amour. C'était Annabelle.
Aujourd'hui, Annabelle, elle, est avec un autre que moi. Mais la musique, elle, est restée...

On a pour la plupart déjà vécu ce moment : cette musique qui prête à nos poils l'allure d'une unité militaire au garde à vous et nous donne l'impression que notre âme pleure. Elle nous rappelle un premier amour perdu, des semaines d'errances sans manger, à « comater » devant la télévision, et des nuits à perdre nos larmes...
Tout s'écroule ; il ne reste plus rien de notre monde, de nos espoirs.

Malgré tout, je me souviens que rien ne m'a rendu plus heureux qu' Annabelle. Elle m'a appris à être amoureux.

Nicolas Vorburger

# Posté le dimanche 22 janvier 2006 12:12