Les belles histoires...Alfred de Musset et Georges Sand...

Les belles histoires...Alfred de Musset et Georges Sand...
Plus sensuelle que passionnée, Georges Sand ne partage pas l'amour exalque lui voue Alfred de Musset. Leur liaison orageuse atteint son paroxysme à Venise, en 1834, où la romancre, qui entretient une liaison avec le docteur Pagello, tente de convaincre Musset qu'il est entrain de devenir fou. Après des mois de crise, de ménage à trois, puis deparation, uneconciliation s'amorce. Mais Musset, dans une lettre écrite de Baden, montre que ses sentiments n'ont pas évolué comme sa maîtresse le souhaitait. Le réponse de George Sand rend la rupture inévitable. Musset évoquera ce drame amoureux dans Nuit d'octobre.

V
oilà huit jours que je suis parti et je ne t'ai pas encore écrit. J'attendais un moment de calme, il n'y en a plus. Je voulais t'écrire doucement, tranquillement par une belle matinée, te remercier de l'adieu que tu m'as envoyé, il est si bon, si triste, si doux : ma chère âme, tu es un c½ur d'ange. je voudrais te parler seulement de mon amour, ah ! George, quel amour ! Jamais homme n'a aimé comme je t'aime. Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inond'amour : je ne sais plus si je vis, si je mange, si je marche, si je respire, si je parle : je sais que je t'aime. Ah ! si tu as eu toute ta vie une soif de bonheur inextinguible, si c'est un bonheur d'être aimée, si tu ne l'as jamais demanau ciel, oh ! toi, ma vie, mon bien, ma bien-aimée, regarde le soleil, les fleurs, la verdure, le monde ! Tu es aimée, dis-toi, cela autant que Dieu peut être ai par ses vites, par ses amants, par ses martyrs ! Je t'aime, oh ma chair et mon sang ! Je meurs d'amour, d'un amour sans fin, sans nom, insensé, sespéré, perdu ! Tu es aie, adorée, idolâtrée jusqu'à en mourir ! Et non, je ne guérirai pas. Et non, je n'essaierai pas de vivre; et j'aime mieux cela, et mourir en t'aimant vaut mieux que de vivre. Je me soucie bien de ce qu'ils en diront. Ils disent que tu as un autre amant. Je le sais bien, j'en meurs, mais j'aime, j'aime, j'aime. Qu'ils m'emchent d'aimer !
V
ois-tu, lorsque je suis parti, je n'ai pas pu souffrir, il n'y avait pas de place dans monur, je t'avais tenue dans mes bras, ô mon corps adoré ! Je t'avais pressée sur cette blessure crie ! Je suis parti sans savoir ce que je faisais: je ne sais si ma mère était triste, je crois que non, je l'ai embrassée, je suis parti, je n'ai rein dit, j'avais le souffle de tes vres sur les miennes, je te respirais encore. Ah ! George, tu as été tranquille et heureuse là-bas. Tu n'avais rien perdu. Mais sais-tu ce que c'est pour un pauvre c½ur qui a senti pendant cinq mois, jour après jours, heure par heure, la vie l'abandonner, le froid de la tombe descendre lentement dans la solitude, la mort et l'oublie tomber goutte à goutte comme la neige, sais-tu ce que c'est pour un c½ur serré jusqu'à cesser de battre, de se dilater un moment, de se rouvrir comme une pauvre fleur mourante, et de boire encore une goutte de rosée vivifiante ? Oh, mon Dieu, je le sentais bien, je le savais, il ne fallait pas nous revoir. Maintenant c'est fini : je m'étais dit qu'il fallait revivre, qu'il fallait prendre un autre amour, oublier le tien, avoir du courage. J'essayais, je tenais du moins. Mais, maintenant, écoute, j'aime mieux ma souffrance que la vie : vois-tu, tu te tracterais que cela ne servirait à rien, tu veux bien que je t'aime, ton c½ur le veut, tu ne diras pas le contraire, et moi, je suis perdu. Vois-tu, je neponds plus de rien.

# Posté le samedi 14 janvier 2006 14:07

Les belles histoires...Josephine de Boharnais et Bonaparte

Les belles histoires...Josephine de Boharnais et Bonaparte
Pour le général Bonaparte, 1796 est l'année de la campagne d'Italie. Il a vingt-sept ans et brûle d'amour pour l'inconstante Joséphine de Beauharbais, restée à Paris. Pendant les préparatifs de l'expédition, sur la route, entre les batailles qui vont lui donner l'avantages sur les Pmontais et les Autrichiens, Bonaparte écrit sa passion, sa jalousie, son impatience et offre ses victoires à la femme qu'il aime.

Je
n'ai pas passé un jour sans t'aimer, je n'ai pas passé une nuit sans te serrer entre mes bras, je n'ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l'ambition qui me tiennent éloigné de l'âme de ma vie. Au milieu des affaires, à la tête des troupes, en parcourant les camps, mon adorable Joséphine est seule dans mon c½ur, occupe mon esprit, absorbe ma pensée. Si je m'éloigne de toi avec la vitesse du torrent du Rhône, c'est pour te revoir plus vite. Si, au milieu de la nuit, je me lève pour travailler encore, c'est que cela peut avancer de quelques jours l'arrivée de ma douce amie, et cependant, dans ta lettre du 23, du 26, tu me traites de Vous ! Vous toi-même ! Ah ! mauvais ! comment as-tu pu écrire cette lettre ? qu'elle est froide ! Et puis du 23 au 26 restant quatre jours, qu'as-tu fais, puisque tu n'as pas écrit à ton mari ? Ah ! mon amie, ce vous et ces quatre jours me font regretter mon antique indifférence. Malheur à celui qui en serait la cause ! Puisse-t-il, pour peine et pour supplice, éprouver ce que la conviction et l'évidence qui servit ton ami, me ferait éprouver ! L'enfer n'a pas de supplice, ni les furies de serpent ! Vous ! Vous ! Ah ! que sera-ce dans quinze jours ? Mon âme est triste, mon c½ur est esclave, et mon imagination m'effraie... Tu m'aimais moins, tu seras consolée. Un jour tu ne m'aimerais plus, dis-moi-le, je saurais au moins mériter le malheur. Adieu, femme, tourment, bonheur, espérance et âme de ma vie, que j'aime, que je crains, qui m'inspire des sentiments tendres qui m'appellent à la nature, à des mouvements tempestueux aussi volcaniques que le tonnerre. Je ne te demande ni amour éternel ni fidélité, mais seulement.... Vérité, franchise sans bornes. Le jour que tu me diras : je t'aime moins, sera ou le dernier de mon amour ou le dernier de ma vie. Si mon c½ur était assez vil pour aimer sans retour, je le hacherais avec les dents ! Joséphine ! Joséphine ! souviens-toi de ce que je t'ai dit quelquefois : la nature m'a fait l'âme forte et décie, elle t'a bâtie de dentelle et de gaze. As-tu ces de m'aimer !! Pardon, âme de ma vie, mon âme est tendre sur de vastes combinaisons. Mon ur, entrement occu par toi, a des craintes qui me rendent malheureux. Je suis ennuyé de ne pas t'appeler par ton nom. J'attends que tu me l'écrives. Adieu ! Ah ! Si tu m'aimes moins, tu ne m'aurais jamais aimé. Je serais alors bien à plaindre.
# Posté le samedi 14 janvier 2006 14:16

Les belles histoires...Diderot et Sophie Volland

Les belles histoires...Diderot et Sophie Volland
Entre 1755 et 1774, le maître duvre de l'encyclopédie, adresse cinq cent cinquante-trois lettres à celle qu'il appelle sa "muse". Il a quarante-deux an